05/07/2013

La « petite » histoire du Mont-Édouard...

Comme premier jalon de ma démarche visant à nous permettre d'en savoir un peu plus sur nous-mêmes en tant que collectivité, pourquoi ne pas commencer par récapituler un peu les faits marquants dans l'histoire de notre « cher » Mont-Édouard, ne fut-ce que dans le simple but de justement se rafraîchir la mémoire ?

Bien sûr, je ne me prétend pas nécessairement expert en la matière, mais voici tout de même un condensé d'à peu près toute l'information que j'ai pu glaner à ce sujet, au cours des dernières années...

Précisons d'emblée que le but premier de cette « chronologie » est surtout de « remplir les trous », en permettant donc de comprendre un peu mieux tout ce qui a pu se passer lors des intervalles entre différentes périodes charnières qui avaient déjà pu se voir décrites plus en détail à travers certaines articles précédents, auxquels on peut d'ailleurs accéder à partir de ce texte.

Et puisque c'est en principe à partir de la connaissance du passé que l'on est le mieux à même de construire l'avenir, j'ai bon espoir que ce petit compte-rendu puisse tout de même s'avérer utile...

Alors bonne lecture !

L'Éditeur du Blogue du Pont Couvert

Chronologie (plus ou moins détaillée) des événements marquants associées à la création et au développement de la station touristique du Mont-Édouard

1) L'ouverture

1990 – Construction du chalet du Mont-Édouard, création d'un OBNL chargé d'administrer la station, et ouverture de celle-ci en décembre de la même année (voir d'ailleurs l'article suivant : Entrevue avec Lucien Martel )

Précisons que le maire de l'Anse-Saint-Jean, M. Laurent-Yves Simard, avait demandé au gouvernement de lui faire don de montagne ; le ministre Chevrette a seulement pu lui accorder un bail amphithéotique, mais il a tout de même pu faire en sorte que le loyer associé à ce bail ne doive être payé que pendant 50 ans, plutôt que durant les 100 ans normalement associés à un bail amphithéotique. À raison d'un loyer de 5000 $ par année pendant 50 ans, la municipalité aurait ainsi payé au total une somme de 250 000 $, soit à peu près le même prix que celui pour lequel M. Boucher l'a acheté lors des dernières années $... Sauf que plutôt que de ne coûter que 5000 $ par année, nous devons aujourd'hui payer bien davantage, soit pas moins de 30 000 $ en capital et intérêts, de sorte que l'on aura pratiquement multiplié par six la somme devant être payée annuellement par les contribuables pour que la station puisse simplement avoir le droit d'utiliser la montagne sur laquelle elle est située (ce à quoi nous reviendrons d'ailleurs lors d'un prochain article)...

Acheter la montagne aurait donc été plus payant à l'époque de la fondation du Mont-Édouard, puisque cela n'aurait coûté que de 130 à 140 000 $, une somme que la municipalité n'aurait d'ailleurs même pas été obligée de payer, puisqu'elle avait alors davantage en réserve accumulée...

Sauf qu'en 96 est survenu le déluge... ce qui a bien sûr eu pour effet de forcer la municipalité à concentrer ses réserves financières et ses énergies en général à des dossiers quelque peu plus urgents...

Il a donc fallu s'en tenir au bail amphithéotique, qui avait au moins le mérite de permettre à la municipalité d'acheter les remontées mécaniques, en « débloquant » le règlement d'emprunt à cet effet. Il faut comprendre qu'il apparaissait à l'époque comme étant prioritaire que la municipalité devienne au moins propriétaire des remontées mécaniques, lors de la cession de la montagne à la Coop (voir le paragraphe suivant), afin d'éviter un éventuel démantèlement de ces dernières, comme cela avait pu se voir à St-Sauveur. C'est donc en ce sens que M. Laurent-Yves Simard s'est alors vu conseiller par la représentant de la SADC du Fjord, M. André Neptun.

2) La redéfinition

1995-96 – Cession de la station à la Coopérative des Travailleurs du Mont-Édouard, formée à partir des travailleurs qui étaient déjà en place au moment de la faillite de l'OBNL auquel avait au départ été confiée la gestion de la station (voir d'ailleurs l'article suivant : Ce bon vieux temps de la Coop... )

Notons que c'est à ce moment que le chalet du haut de la montagne s'est vu construire puis offert à la Coopérative des Travailleurs du Mont-Édouard, en échange des remontées que celle-ci a donc du céder à la municipalité.

3) Le développement

1994 – Construction du Refuge par Doris Duchesne et Claude Boudreault.

Années 2000 – La montagne est progressivement aménagée afin de permettre le développement du village alpin. Deux mesures fondamentales furent notamment effectuées en ce sens par la municipalité : soit l'établissement, par la mairesse Rita Gaudreault, d'un aqueduc par lequel les terrains du Mont-Édouard pouvaient donc se voir approvisionnés en eau, et le « dézonage » de la montagne, qui fut réalisé par le maire suivant, M. Claude Boucher. Précisons que ce dernier aura également pris en charge la création d'un réservoir d'eau nécessaire à l'opération des bornes d'incendie.

2004 - Création d'une compagnie formée de la Coopérative des Travailleurs du Mont-Édouard, de la SADC et de Doris Duchesne, afin de permettre à la station du Mont-Édouard de disposer du financement et des ressources humaines pouvant lui permettre de procéder à un véritable développement immobilier. Doris Duchesne avait alors été approché par la SADC parce qu'il était déjà sur le terrain, et qu'il avait donc l'expérience requise tant en ce qui a trait à la construction résidentielle qu'à sa connaissance du milieu en tant que tel.

Le partage des actions faisait par ailleurs en sorte que pour chaque terrain vendu, la SADC et Doris Duchesne percevaient chacun 45 % des profits, tandis que la Coop recevait 10 % de ceux-ci.

Une certaine mésentente finira d'ailleurs par apparaître à ce niveau, la Coop considérant que l'aventure n'était pas très rentable pour elle, puisqu'elle ne faisait au départ que vendre des terrains à 3500 $ chacun, tandis que l'essentiel des profits s'en allait à l'investisseur et au constructeur... Mais aux yeux de ceux-ci, la Coop s'en retrouvait tout de même gagnante, car même si elle retirait peu du développement immobilier en tant que tel, elle trouvait à bénéficier largement de l'accroissement en achalandage que ce dernier pouvait entraîner, dans la mesure où il permettait notamment de garder les skieurs pour des fins de semaine complètes, plutôt que seulement pour une journée...

Quoi qu'il en soit, ce litige ne pu manifestement pas être résolu, et quelques années plus tard, la Coop demanda de racheter les actions détenues par la SADC, qui les remit donc en vente, mais comme la Coop ne disposait pas, financièrement parlant, d'une marge de manoeuvre suffisamment grande, elle n'a finalement pas pu racheter les actions de la SADC durant la période de 30 jours qui avait été fixé à cet effet.

C'est donc au final Doris Duchesne qui aura récupéré les actions qui avaient été remises en vente par la SADC et que la Coop n'avait donc pas pu racheter. Précisons que cela aura du coup forcé M. Duchesne à allonger, pour être en mesure de conserver sa place sur l'échiquier, pas moins de 240 000 $ (ce qui incluait par ailleurs un 18 % d'intérêt en « plus-value » par rapport à ce que la SADC avait elle-même payé au départ), sans qu'il ait alors pu disposer bien sûr de telles liquidités, puisque le développement immobilier, à l'époque, en était encore à un stade plus ou moins embryonnaire, et que personne ne se trouvait à réellement « rouler sur l'or », contrairement à ce que l'on semble parfois penser.

C'est lors la même année que la municipalité, sous la gouverne de Mme Gaudreault, entrepris de « faire passer l'eau » au Mont-Édouard. Il fut alors entendu que Doris Duchesne prenne en charge une telle opération, y compris son financement, et qu'il serait ensuite repayé par la municipalité, une fois la tâche complétée. La Caisse Populaire du Bas-Saguenay avait donc octroyé à Doris Duchesne la financement nécessaire à ce projet, sous la forme d'un prêt de 118 000 $ sans intérêt.

Cependant, quand la SADC s'est retiré du consortium qu'elle formait jusque là avec la Coop et Doris Duchesne, la Caisse a aussitôt demandé que son prêt lui soit repayé en totalité, puisqu'elle n'avait plus confiance en l'entreprise, une fois la SADC retirée de l'équation. Et à ce moment, la municipalité était encore dans l'impossibilité d'effectuer le remboursement qu'elle avait promis, ce qu'elle ne serait en mesure de faire que plus tard dans l'année. Il aura donc fallu que Doris Duchesne paye ce montant en totalité, et ce tout juste après avoir payé le 240 000 $ qu'il avait pourtant du emprunter pour racheter les avoirs de la SADC...

Comme le dit d'ailleurs M. Duchesne lui-même, en parlant notamment de ce passage plutôt difficile dans son parcours en affaires : «  C'est pas la première piasse qui est dure à trouver, c'est souvent la dernière piasse qui est dure à trouver ! »...

Aux termes de nombreux sacrifices, tant de la part de la Coop que de M. Duchesne, le développement du village alpin avait donc finalement pu prendre son erre d'aller, et la montagne pouvait enfin s'approcher d'une réelle rentabilité. C'est alors qu'est advenue l'ère Boucher...

4) La descente

2005 Peu de temps après avoir été élu à la mairie de l'Anse-Saint-Jean, Claude Boucher pousse la Coop à la faillite, afin de permettre à la municipalité de prendre contrôle de la station du Mont-Édouard (voir d'ailleurs l'article suivant : Ce bon vieux temps de la Coop... ).

Cette opération aura notamment eu pour effet de licencier l'essentiel des travailleurs qui étaient alors en place à ce moment, dont plusieurs étaient du milieu ( voir d'ailleurs l'article suivant : L'art de couper ). Et comme il lui fut souvent reproché par la suite, M. Boucher aura ensuite fait entrer, pour les remplacer, des « professionnels » dont l'une des caractéristiques notables était de demander des salaires tout autrement plus imposants que ceux qui avaient pu se voir versés jusque là au Mont-Édouard, et ce sans justement que la station ne dispose nécessairement de ressources financières pour assumer de telles dépenses en ressources humaines (voir d'ailleurs l'article suivant : Et s'il avait bel et bien des choses à corriger, au Mont-Édouard ?... )...

Du reste, ces travailleurs, comme les précédents, finirent eux aussi par être licenciés, avec tous les coûts supplémentaires que cela pouvait donc entraîner, de sorte que la station aura du supporter deux fois plutôt qu'une les coûts reliés au congédiement de sa propre main-d'oeuvre.

Précisons qu'un des effets les plus tristes de cette seconde vague de licenciements fut que les projets qui avaient alors été entrepris ne purent être menés à terme, de sorte qu'on se sera notamment retrouvé avec une tour au sommet de la montagne, sans que celle-ci ne puisse être visitée par les croisièristes auxquels elle était sensé bénéficier au départ, tandis que les sentiers aménagés à cette fin n'ont pu depuis que tomber en friche.

5) Le fond du baril

Comme il a été dit plus haut, le maire Boucher aura procédé, lors des premières années de son mandat (soit vers les années 2006-2007) à l'aménagement d'un réservoir à eau devant servir aux bornes d'incendie, ce qui au final aura coûté environ 1,8 millions, somme qui fut essentiellement payée par les gouvernements fédéral et provincial, la municipalité elle-même ne devant débourser qu'environ 10 % de celle-ci.

Or, comme cette opération devait se voir accompagnée par la pose d'un réseau d'aqueduc et d'un système d'égout dans le secteur, « l'idée géniale » du maire fut de profiter de l'occasion pour aménager non seulement un réservoir à eau, mais aussi de nouveaux terrains à développer sur le pourtour de celui-ci, et qui devaient bien sûr servir à accroître encore davantage le parc immobilier du Mont-Édouard.

Cela impliquait donc le rachat à la MRC des terrains en question. Doris Duchesne fit donc une offre à la MRC, mais celle-ci lui fut refusée, parce que la municipalité n'avait pas donné son accord à une telle transaction. C'est qu'entretemps, le maire en était manifestement venu à considérer Doris Duchesne comme un « concurrent », en suivant vraisemblablement un raisonnement du genre « si c'est bon pour minou, c'est bon pour pitou »...

La municipalité acheta donc elle-même les 65 terrains à la MRC, et allongea pour cela une somme d'environ 300 000 $.

Vint ensuite la question de développer lesdits terrains. La municipalité fit donc un appel d'offres en ce sens, et encore une fois, Doris Duchesne fut le premier, et d'ailleurs le seul à y appliquer. Son offre fut cependant rejetée une fois de plus, sous prétexte qu'elle « n'allait pas dans le sens voulu », et la municipalité se retrouva donc à devoir développer ses terrains par elle-même.

Or, après un certain temps, soit autour de l'année 2009, elle dut se rendre à l'évidence, et constater qu'elle en était incapable, et que le développement escompté ne se faisait tout simplement pas ; elle refit donc une offre à Doris Duchesne, que celui-ci accepta.

Il fut alors créée une entreprise, et plus précisément un « PPM » (partenariat privé-municipalité), dont les actions furent répartis à parts égales entre les trois principaux intervenants que le projet pouvait impliquer, soit Lauréat Gagné, Doris Duchesne et la municipalité, de sorte que chacun de ces actionnaires se trouvait à détenir 33% des avoirs de l'entreprise.

De plus, il fut décidé que pour tout terrain qui serait alors vendu, les profits seraient répartis selon l'équation suivante : 70 % pour Lauréat Gagné, 15 % pour Doris Duchesne et 15 % pour la municipalité, le but étant donc de payer Lauréat Gagné en priorité, en tant que « fournisseur », et afin d'éviter que ce dernier reste trop longtemps dans l'attente du remboursement des sommes évidemment majeures qu'il avait pu injecter dans ce projet (soit environ 600 000 $), et pour lesquels il ne pouvait espérer d'autre éventuel « retour sur l'investissement », à la différence des deux autres.

Tout cela a donc fonctionné pendant quelques années, puis, en 2011, le maire a décidé une troisième fois de « tasser » Doris Duchesne, en lui refusant le 15 % de profit auquel il avait pourtant droit. M. Boucher en était manifestement venu là encore à voir M. Duchesne comme un compétiteur. Par ailleurs, il faut dire qu'après avoir travaillé avec lui pendant quelques années, et après avoir donc utilisé ses contrats de vente et appris les rudiments du métier de « vendeur de terrains », il est selon toute évidence devenu d'autant plus facile pour le maire de se dire « pourquoi demander à d'autre de faire ce qu'on peut faire nous-mêmes », et de conclure ainsi qu'il n'avait tout simplement plus besoin de M. Duchesne, d'où sa décision de tout bonnement éjecter celui-ci de l'équation.

C'est pourquoi c'est maintenant nul autre que le maire de notre village qui vend les terrains du Mont-Édouard, comme vous l'avez peut-être déjà remarqué... Nous avons donc désormais « un maire qui vend des terrains », ce qui représente sans doute une première au Québec, sinon dans le monde...

Maintenant, cela constitue-il pour autant une innovation digne de louanges, ou plutôt un étrange rappel de l'ère communiste, où tout devait à tout prix se voir effectué par le gouvernement, y compris tout ce qui entre pourtant dans le champs de spécialisation des différents acteurs du secteur privé ?...

Le maire a-t-il donc vraiment eu une excellente idée en décidant encore une fois de faire fi des autres pour tout prendre sur lui-même ? Pourquoi ne pas remettre l'étude d'une si intéressante question à un prochain article, et plus précisément à l'article suivant, tant qu'à cela ?

Mais pour conclure tout d'abord la dernière section de cette « petite » histoire du Mont-Édouard, pourquoi ne pas jeter un coup d'oeil à ce qui, selon toute logique, constitue le point ultime de toute chronologie digne de ce nom, soit bien sûr le moment présent ?

6) Les pots cassés

Comme c'était bien sûr prévisible, il semble être devenu long et compliqué de développer ou de vendre des nouveaux terrains... Comment aurait-il d'ailleurs pu en être autrement ? Car après tout, depuis quand est-ce sensé être la spécialité d'un maire d'une municipalité que de procéder à du développement immobilier ?

Le développement ayant ainsi atteint un plateau (ou ayant ainsi « stallé », pour dire les choses d'une façon plus québécoise...), on se retrouve donc avec un village alpin qui plafonne à 210 unités, alors qu'il en vaudrait 450 pour que la montagne puisse devenir réellement viable, selon une étude qui avait été commandée à cette fin.

Quant à Doris Duchesne, il se demande encore ce qu'il y a d'injustifiable dans le fait qu'une « commission » de 15 % soit versée à un « agent immobilier » qui, en plus de rencontrer de nouveaux clients et de faire en sorte d'en attirer davantage, prend en charge la production d'études de développement, et surtout le développement des terrains en tant que tel !

En attendant la réponse à cette question, M. Duchesne ne peut qu'essuyer les dégâts causés par une histoire politique aussi mouvementée... Son entreprise ne compte ainsi plus que 23 employés, elle qui auparavant en employait pas moins de 68, ce qui bien sûr implique d'autant moins de retombées économiques pour notre milieu...

Et pour ce qui est de M. Lauréat Gagné, on pourrait pratiquement parler de lui comme du « grand perdant » dans toute cette histoire, dans la mesure où la non-vente des terrains l'empêche de récupérer l'argent qu'il a pu investir dans toute cette affaire, et qui en tout s'élèverait à environ 700 000 $... Plusieurs années après les travaux, la municipalité n'aurait donc toujours pas fini de le rembourser, ce qui d'ailleurs n'apparaîtrait pas sur les tableaux faisait le portrait de la dette actuelle...

Et parlant d'endettement, M. Gagné ne s'attend sans doute pas à grand chose de la part de la municipalité, dont la capacité d'emprunter a depuis longtemps été « surutilisée »...

Car on peut sans doute s'entendre pour dire que lorsqu'une dette municipale approche les 4 millions, et surtout les 2000 $ par personne, on commence à parler de quelque chose d'assez singulier, surtout quand on garde en tête qu'en temps normal, lorsqu'on se situe autour de 2 ou 300 $ par personne, on est sensé pouvoir se considérer comme étant déjà plutôt endettés...

Et dans un tel contexte, il est par ailleurs bien évident que la municipalité ne dispose aucunement de latitude financière qui pourrait lui permettre d'assumer correctement ses obligations les plus élémentaires, à commencer par l'entretien des chemins... C'est donc ce qui explique le fait que dans un village qui dépend du tourisme, les chemins se retrouvent souvent dans un état plus que lamentable, ce qui, ironiquement, s'avère particulièrement manifeste aux deux pôles autour desquels gravite en fait l'activité touristique, soit bien sûr la marina et la station, qui aux dernières nouvelles aspirait pourtant en arriver à pouvoir réellement fonctionner durant quatre saisons...

Mais désormais, quand les touristes Européens nous dirons qu'il n'en reviennent pas de voir à quel point nos chemins font pitié, nous saurons exactement comment leur expliquer les raisons pour lesquelles on en sera justement arrivés là !

7) L'avenir ?

La véritable question, concernant l'avenir non seulement du Mont-Édouard, mais de l'Anse-Saint-Jean dans son ensemble, se posera bien entendu en novembre 2013, ou en d'autres termes aux prochaines élections municipales...

Mais pour être réellement en mesure d'y répondre, il faudra surtout avoir su répondre à la question suivante : au bout du compte, le maire Boucher aura-t-il effectué un travail qui mérite d'être renouvelé, ou aura-t-il surtout causé plus de tort qu'autre chose, ne serait-ce qu'au niveau financier ?

Et au cas où cela pourrait aider en ce sens à trouver davantage d'éléments de réponse, je vous suggère fortement de lire les prochains articles de ce Blogue, ou encore de simplement relire les articles ayant pu s'y voir publiés précédemment, à commencer par celui-ci !

Alors bonne lecture !

27/06/2013

Remettre les pendules à l'heure

Jusqu'ici, et plus précisément depuis que j'ai écrit l'article intitulé « En changeant de sujet... », j'ai surtout cherché à mettre en évidence, et d'une façon aussi instructive et constructive que possible, les pistes de solutions pouvant contribuer à l'avènement d'un certain renouveau politique à l'Anse-Saint-Jean.

Maintenant, ne faut-il pas avouer que tout solution, aussi utile et pertinente puisse-t-elle être, ne représente en fait que « la moitié » de ce qu'il faut pour remédier à un problème, l'autre moitié s'avérant bien sûr le fait de savoir identifier et bien cerner au départ le problème en tant que tel ?

Autrement dit, la première chose à entreprendre, si l'on veut pouvoir régler un problème, ne serait-elle pas, selon toute logique, de bien savoir quel est au juste le problème que l'on entend justement régler ?

Et en ce sens, ne faut-il pas conclure que s'il est bien sûr tout à fait fondamental de connaître certaines pistes de solution, il ne l'est pas moins de veiller à être bien informé quant à la nature précise du problème ou des problèmes que l'on vise à régler ?

Dans un tel esprit, je veillerai donc, d'ici aux élections de novembre prochain, à surtout fournir autant d'information que possible en ce qui a trait à la façon dont notre municipalité est actuellement gérée, ne serait-ce que pour nous permettre de savoir exactement quelles améliorations pourraient se voir apportées à ce niveau.

Et bien entendu, une telle démarche devrait notamment permettre de « remettre les pendules à l'heure », dans la mesure où cela permettrait de contrer le processus de désinformation qui aura pu se voir causé par l'émission plus ou moins volontaire de certaines rumeurs telles que celles que nous avons pu étudier et démonter lors de l'article précédent.

Nous savons tous que « savoir, c'est pouvoir » ; alors si une telle notion peut donc servir les intérêts de certains individus qui n'éprouveront manifestement pas le moindre scrupule à démarrer ou propager de fausses rumeurs, en se disant sans doute que « la fin justifie les moyens », pourquoi ne pourrait-elle pas tout aussi bien servir à ceux qui n'ont d'autre but que de justement rétablir les faits ?

Comme vous l'aurez sans doute compris, l'information que je livrerai lors des prochains articles a bien sûr un but, que j'ai d'ailleurs explicitement décrit lors des prochaines lignes de cette entrée ; vous aurez donc compris qu'il s'agira en fait d'une information « active », ou « orientée », puisqu'il ne s'agit au départ que de tendre vers une certaine action politique... que je considère nécessaire justement à cause des faits que je souhaite donc vous partager ! Disons qu'en ce sens, il sera sans doute difficile de me reprocher de manquer de cohérence, en tout cas !

Alors bonne collecte d'information, et bon été aussi !

21/06/2013

Entrevue avec Lucien Martel

Comme vous le saviez peut-être déjà, les deux prétendants actuels à la mairie de l'Anse-Saint-Jean, pour les élections de novembre prochain, sont d'une part le maire sortant, M. Claude Boucher, et d'autre part M. Lucien Martel. Après deux mandats, nous devrions commencer à bien connaître le premier, et
pour qui souhaiterait obtenir plus d'information sur celui-ci, il n'y aurait qu'à lire ou relire les articles de ce blogue pour en retrouver sans doute plus qu'on pourrait même en vouloir.

Mais qu'en est-il du second ? Et en d'autres termes, pour ceux qui ne le connaissaient pas déjà, qui est donc Lucien Martel ?

L'électeur anjeannois n'aurait-il pas alors tout intérêt à en savoir plus sur ce dernier afin d'être en mesure de faire un choix éclairé, et notamment d'éviter d'ainsi de ne pouvoir faire mieux que se rabattre sur le candidat que l'on connaît le mieux, en se fiant dont au vieil idiome anglais selon lequel « Better the devil you know than the devil you don't » ?

Je suis donc allé moi-même rencontrer Lucien Martel, et je vous transmets dans les lignes qui suivent le contenu de la petite entrevue que nous aurons donc réalisée ensemble.

Alors bonne lecture !

L'Éditeur du Blogue du Pont Couvert

P.S. Veuillez noter que pour simplifier la typographie dans les prochaines lignes, et donc dans la transcription de l'entrevue en tant que telle, mes questions apparaissent en caractères italiques, tandis que les réponses de M. Martel sont donc présentées en caractères standards.

Entrevue avec Lucien Martel

D'après ce que je comprends, vous avez eu un rôle importante à jouer au moment de la création même du Mont-Édouard... Techniquement, on pourrait même dire que c'est un peu vous qui l'avez fondé, d'après ce que j'en comprends... Est-ce bien le cas ?


Le Mont-Édouard a été construit en 1990 et a ouvert ses portes en décembre de la même année. Ce qui est clair, c'est que je suis alors devenu le premier président de son conseil d'administration, et ce après avoir travaillé activement, pendant les trois années précédentes, à permettre la réalisation de ce beau projet. Ceci dit, il y a bien évidemment beaucoup de personnes qui ont alors été impliquées à ce niveau, à commencer par le maire de l'Anse-Saint-Jean à l'époque, M. Laurent-Yves Simard. Il s'était aussi formé un groupe de citoyens ici à l'Anse, et c'est tout cela qui a fait qu'à un moment donné, on a pu aller chercher les appuis nécessaires. Il faut dire que j'avais moi-même beaucoup de contacts auprès du politique, on parlait notamment à l'époque de MM. Gaston Blackburn et André Harvey, alors on a travaillé beaucoup cet aspect là. Ça a quand même été toute une opération d'aller chercher toutes les subventions nécessaires au démarrage du projet, mais on y est arrivé. On a également lancé une campagne de financement, à laquelle les gens de l'Anse ont largement contribué, et on est allé chercher comme ça un montant important auprès du public... Et c'est comme ça que l'on a pu réaliser le Mont-Édouard.


On entend parfois les gens véhiculer une certaine perception selon laquelle après seulement un an à la tête du Mont-Édouard, vous auriez « mis la station en faillite ». Que pensez-vous d'une telle perception ?


C'est certain que dès l'ouverture Mont-Édouard, on est tombé dans un contexte plutôt difficile. En 90 ou 91, ça a été la crise économique ; il y a d'ailleurs plusieurs stations qui, entre 90 et 95, ont fermé leurs portes ou changé leur statut. Prenons juste l'exemple du Valinouët qui était lui aussi un organisme sans but lucratif, et qui est devenu par après une coopérative, parce qu'il avait vécu justement une situation financière difficile. Mais ce que je voudrais personnellement mentionner, c'est qu'en autant que je suis concerné, j'ai construit la station, j'ai été là un an, et puis j'ai laissé le flambeau. Quand j'ai quitté, la station n'était pas du tout en faillite, mais pas du tout! Sauf que c'était difficile ! Quand bien même que je dirais que ce n'était pas difficile : c'était difficile !


Ce qui a plus spécifiquement créé la difficulté, à ce moment là, c'était que l'on avait dû faire un emprunt d'environ 1,8 millions afin de permettre le démarrage de la station. Et bien évidemment, payer une dette comme ça dans un contexte où l'on voyait la clientèle diminuer dans toutes stations de ski, ça a été difficile. Moi j'ai quitté parce que j'avais déjà donné quatre ans pour le Mont-Édouard, et je me disais : «  Ben écoute, à un moment donné, il va falloir que je consacre un peu plus de temps à mon travail aussi ! ». Car il faut avouer que ça a été pour ainsi dire assez exigeant, les trois années qui ont précédé la construction de la station, plus sa mise en place après ça, lors de sa première année d'opération...


Mais de là à prétendre que la station était en faillite quand je suis parti, je te dirais que c'est vraiment de sauter à des conclusions un peu vite (rire), mais ceci dit, il faut reconnaître que les difficultés se sont continuées suite à mon départ, ce qui d'ailleurs fait qu'après quelques années, la station est devenue une coopérative d'employés. Et par la suite, comme on le sait, la municipalité s'est impliquée plus directement pour assurer la survie de la station (en se portant acquéreur de cette dernière)...


Oui, la station a connu des difficultés, comme toutes les stations de la province, mais ce qu'il faut voir, c'est que la station est encore là aujourd'hui ! La municipalité a repris la station, ils l'auront eu pour je ne sais combien exactement, et ça été une bonne décision, ça on ne se le cachera pas... Par contre il y a eu des décisions plutôt douteuses qui ont été prises par après, et qui ont eu pour effet de créer un déficit assez important... Depuis que la station est gérée par la municipalité, on a donc accumulé un déficit qui doit tourner autour de 600 000 $, et qui, comme je le disais, a été essentiellement causé par des décisions que je qualifierais de douteuses.... Cela a fait en sorte que la corporation du Mont-Édouard a dû faire un emprunt d'environ 800 000 $, et cela seulement pour payer des fournisseurs, de même que pour payer la partie du chemin d'accès qu'ils ont fait pour aller au sommet, et pour la tour qui a été construite au sommet... Au fond, non seulement on n'a pas réellement amélioré la situation du Mont-Édouard, mais on a généré une dette considérable, et ce tout simplement pour payer ce que j'appellerais l'épicerie ! Et bien entendu, l'impact de telles décisions aura surtout été de réduire la possibilité d'effectuer des investissements dans l'entretien et améliorations des équipements qui sont vieillissants.


Quand on regarde la situation actuelle, je considère que si ça avait continué comme ça, et si ce n'avait été du DG qui est arrivé il y a deux ans, soit bien sûr M. Claude Boudreault, je ne sais pas où on serait rendu actuellement ! Je pense que M. Boudreault a pris ça en main et a vraiment colmaté l'hémorragie, pour ainsi dire... Et j'ajouterais même que si ça avait continué comme c'était parti, et s'il n'y avait pas eu de décisions de prises par une personne qui a eu a coeur la station, on serait peut-être même en faillite aujourd'hui ! Ceci dit, je crois qu'il ne faut pas mettre ça catastrophique, mais il reste que la situation qui a été créée actuellement au Mont-Édouard résulte de décisions que je considère plutôt déplorables, et qui provenaient essentiellement de la municipalité...
Car comme on le sait, la municipalité représente désormais le principal intervenant dans les décisions qui sont prises, puisque la station est maintenant gérée par la Société de Développement qui est directement liée à la municipalité.


Disons que cette entrevue semble confirmer l'impression que j'avais, à savoir que certains faits méritaient d'être vérifiés par rapport à votre implication passée auprès du Mont-Édouard... Parce que lorsque l'on compare ce que vous venez me dire et ce que l'on peut parfois entendre à votre sujet, il y a un fossé qui semble s'avérer quand même assez impressionnant !


Effectivement... D'après ce que je comprends, les gens paraissent avoir un opinion plutôt favorable à mon égard, mais il y en a qui semblent s'être fait livrer certaines informations moins positives en ce qui me concerne... Et d'après ce qu'on m'a dit, certaines personnes chercheraient en effet à faire courir cette rumeur selon laquelle j'aurais mis en faillite le Mont-Édouard... En tout cas...


Sur une note plus positive, on entend souvent dire de vous que vous aviez déjà « sauvé » les Gîtes du Fjord, parce que vous les aviez repris en main à une période plus difficle de leur existence...


L'année de l'ouverture du Mont-Édouard, le maire de l'époque, M. Laurent-Yves Simard, a organisé une réunion concernant l'avenir des Gîtes du Fjord, et à laquelle furent notamment invités quelques membres du conseil d'administration du Mont-Édouard. C'était en décembre ; c'est bien juste si c'était pas la veille de Noël... À ce moment-là, les Gîtes étaient donc en difficulté; en fait, ils étaient en faillite, et il y avait même un syndic qui était rentré là-dedans... J'ai donc rencontré et regroupé une dizaine de personnes afin d'essayer de rétablir la situation, parce qu'à l'époque, les Gîtes, c'était quand même l'hébergement principal ici à l'Anse-St-Jean, mis à part des gîtes du passant qui s'étaient créés avec l'avènement du Mont-Édouard... Alors on ne voulait pas que ça ferme ! C'est pourquoi ces quelques dix personnes et moi-même avons investi de l'argent là-dedans, pour justement sauver les Gîtes et leur permettre de continuer d'opérer. On a investi de l'argent, et après un certain nombre d'années, on a revendu nos parts, parce que l'objectif, ce n'était pas de faire de l'argent, c'était vraiment de faire en sorte que les Gîtes puissent continuer à opérer, et d'ainsi permettre au Mont-Édouard d'aller chercher une clientèle qui pouvait être hébergée ici à l'Anse-St-Jean... Comme je te dis, il y avait beaucoup de gîtes du passant qui s'étaient alors créés, mais il y a beaucoup de gens qui ne veulent pas aller dans les gîtes du passant, et qui préfèrent aller dans de l'hébergement conventionnel, et c'est pourquoi nous avons donc travaillé pour rétablir la situation.


Et cette « opération de sauvetage » n'avait pas été orchestrée pour que les Gîtes soient gardés entre les mains de « personnes de la place » ?


Il y avait un petit peu de ça, mais il n'y avait pas uniquement des gens de la place qui étaient impliquées dans cette démarche, et tu sais, j'étais un peu le leader de tout ça, et je peux te dire que l'objectif, c'était vraiment de sauver les Gîtes pour faire en sorte qu'on puisse opérer le Mont-Édouard pendant l'hiver de 1990, plus exactement. Ceci dit, oui, sur les dix personnes, la plupart, c'était des gens de l'Anse. Il y avait quelques uns qui étaient de l'extérieur, mais la plupart étaient des gens de l'Anse.


C'était connecté directement au Mont-Édouard, dans le fond ?


C'était directement connecté, en effet. On voyait en fait que si on n'avait pas les Gîtes, on perdait quand même une clientèle importante. On a donc réussi à permettre aux Gîtes de continuer leurs opérations, puis après quatre ou cinq ans j'ai passé le flambeau, car je n'étais pas là-dedans pour une question d'argent. Je n'ai d'ailleurs pas fait d'argent là-dedans, en fait j'en ai perdu plus qu'autre chose ! C'est que l'intention première était vraiment de sauver les Gîtes, et c'est aussi pourquoi j'ai revendu mes parts, une fois que cette objectif a été atteint.


On vous décrit quelquefois comme le « défenseur des causes perdues », sans doute notamment à cause de votre implication au niveau des Gîtes et du Mont-Édouard. Est-ce qu'il y aurait d'autres événements similaires ou vous seriez intervenus en ce sens ?


Pas nécessairement ici à l'Anse, je te dirais, parce que quand je me suis retiré du Mont-Édouard, je me suis consacré davantage à mon travail professionnel. Tu sais, quand j'ai travaillé pendant 4 ans dans le dossier du Mont-Édouard, j'étais conscient que ça me demandait beaucoup de temps... Alors évidemment, rendu à un certain point, il a fallu que je remette toutes mes énergies dans mon travail... Mais je te dirais que j'ai toujours eu à coeur ce qui se passait ici à l'Anse.... D'ailleurs, il ne faut pas oublier que lorsqu'on travaillait justement à la réalisation du Mont-Édouard, il y avait quand même au delà d'une soixantaine de maisons qui étaient en vente à l'Anse-Saint-Jean, ce qui n'était pas peu dire ! Or avec l'avènement du Mont-Édouard, non seulement les propriétaires de maison ont pu vendre leurs maisons, mais celles-ci ont en plus pris de la valeur ! Et on ne se le cachera pas, le Mont-Édouard, à l'époque, ça se voulait vraiment la structure, le moteur économique qui ferait en sorte que d'autres projets puissent éventuellement se développer dans le milieu, et quand on regarde ce qui se passe à l'Anse-Saint-Jean, pas seulement depuis les 5 dernières années, mais depuis que le Mont-Édouard existe, on voit qu'au fil des années il s'est développé énormément d'entreprises et de petites entreprises qui n'auraient probablement jamais existé, ou du moins pas comme on en a actuellement, si on n'avait pas eu le Mont-Édouard ! C'est donc un élément moteur important ; bien sûr, ce n'est pas le seul, mais c'est un élément moteur important qui a permis dans le milieu une bonne partie du développement qui a pu se faire au cours des années.


Y a-t-il d'autres implications majeures que vous avez pu avoir à l'Anse-St-Jean ?


Je m'implique actuellement dans l'organisation du 175eme... En fait, je te dirais qu'à chaque fois qu'on m'a demandé de m'impliquer, je me suis impliqué ! Tu sais, l'Anse-Saint-Jean, c'est vraiment mon village, c'est vraiment mon milieu, et j'aime mon milieu, j'aime mon village et j'aime les gens ! Ce sont des gens très dynamiques qu'il y a ici, à l'Anse-St-Jean, et c'est un dynamisme qui est intéressant et stimulant, mais il faut aller le chercher, aussi ! Les gens, il faut aller les chercher, les impliquer, et leur donner la parole ; or, c'est justement ma façon de travailler ! Écoute, j'ai été toute ma vie de gestionnaire, un leader qui était rassembleur, et je pense que je veux mettre à profit mes qualités, notamment de leader, de même que toutes les compétences que j'ai pu développer au cours de ma carrière professionnelle qui a duré 40 ans... J'ai donc été quand même 40 ans en gestion, et j'ai surtout tellement à coeur le milieu que je suis convaincu d'avoir quelque chose à lui apporter ! D'autre part, je considère que j'ai reçu beaucoup, et je pense qu'à un moment donné j'ai un peu le devoir de faire profiter mon milieu de ce que j'ai obtenu, ou de ce que j'ai pu acquérir au cours de ma carrière...


C'est sûr que lorsque j'entends des gens répandre une rumeur comme quoi j'aurais mis en faillite le Mont-Édouard, je trouve ça biaisé , parce que d'abord, quand la station en est venue en quelque sorte à atteindre un mur, elle est alors devenue une coopérative, je n'étais plus là, et ça faisait d'ailleurs plusieurs années que je n'étais plus là... Bien entendu, cela ne veut pas dire cependant qu'on n'ait pas connu de difficultés, car oui on en a eu, comme d'ailleurs toutes les stations de la province qui elles aussi, comme je te disais plus tôt, ont vécu des situations difficiles à l'époque, quand tu dis qu'il y en a même plusieurs qui ont fermé !


Alors quand on considère le fait qu'on a alors non seulement réussi à se maintenir, mais à carrément démarrer la station dans un tel contexte, je crois que ça mérite plus de félicitations qu'autre chose ! Et à ce titre, je dirais que les administrateurs qui étaient là au début ont fait un bon travail, puis ils ont finalement passé le relais à une coopérative, qui je pense a elle aussi fait un très bon travail pendant plusieurs années, mais finalement eux à leur tour ont passé le relais.


La municipalité a donc repris ça en main, et à cela je dis bravo, mais je crois qu'à un moment donné, il faut aussi permettre à l'organisation de pouvoir se développer de façon autonome, et de n'être donc pas toujours dépendant de la municipalité. C'est important de le rendre autonome le Mont-Édouard ! Et ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas encore le supporter pour encore quelques années à venir, ce n'est pas vrai, je pense qu'on doit le supporter, mais il faut faire en sorte qu'à un moment donné, on puisse le rendre autonome ! Mais là, malheureusement, on a endetté le Mont-Édouard pour payer ce que j'appelle l'épicerie, sans pour autant avoir amélioré le produit !


L'épicerie ?


Par payer l'épicerie, je veux notamment dire payer les fournisseurs... Je fais bien sûr référence à l'expression connue « 
d'emprunter pour payer l'épicerie », ou en d'autres termes pour des dépenses courantes, plutôt que pour des dépenses d'investissement... On a donc créé une dette qui est triste, parce que d'une part on n'a rien amélioré au produit, et d'autre part, on a généré cette dette en prenant des décisions qui, dans le contexte, n'étaient pas nécessairement les meilleures pour ce qui est de pouvoir assurer la rentabilité de la station... du moins en mon humble opinion !

01/06/2013

La Sainte Trinité

Lors de l'article précédent, nous avons examiné une solution possible pour ce qui est d'assurer à la station du Mont-Édouard un avenir qui s'avère ne serait-ce que moindrement prometteur.

Mais comme il ne s'agit peut-être pas exactement du genre de proposition qui soit le plus susceptible de faire l'unanimité, du moins à court terme, pourquoi ne pas explorer d'autres avenues qui pourraient elles aussi tendre vers le même objectif, mais cette fois simplement en tirant le meilleure parti de ce qui est déjà en place dans le moment ?

Et plus précisément, pourquoi ne pas reprendre la réflexion que nous avions emmené précédemment à travers l'article intitulé « L'ultime modèle de gestion », et dans lequel nous avions donc commencé par dresser la liste des avantages et inconvénients respectifs d'au moins trois modèles de gestion possible pour la station, soit les modèles coopératif, corporatif et municipal ?

Comme il avait été démontré dans cet article, de même que dans celui titré «Ce bon vieux temps de la Coop... » il appert que ce serait en fait au modèle coopératif, et plus précisément à la défunte Coopérative des Travailleurs du Mont-Édouard, que l'on doive ce qui se sera manifestement avéré à date les meilleures années de la station.

À ce sujet, saviez-vous par ailleurs que lorsqu'on dit que la Coop ne coûtait annuellement à la municipalité que 50 000 $ en tout, on parle en fait d'un maximum de 50 000 $, de sorte que certaines années, la municipalité pouvait n'avoir à débourser que 20 ou 25 000 $, voire même rien du tout ? Saviez-vous que la Coop a toujours su payer ses taxes et ses comptes, aussi longtemps cela pouvait-il lui prendre, et quoiqu'on ait pu en dire par la suite ? De quoi regretter en effet ce « bon vieux temps de la Coop », n'est-ce pas ?

Ceci dit, si le modèle coopératif paraissait donc ne pas avoir son égal pour ce qui est de la saine gestion , et plus précisément pour ce qui est de gérer les finances de façon économe, elle n'était apparemment pas sans ses propres failles, au dire de certains... Ainsi, de l'aveu même d'au moins un ancien membre, il aurait sans doute fallu que la Coop élargisse son « membership », et se montre en d'autres termes un peut moins « fermée sur elle-même »... De plus, il semble que la Coop n'ait pas disposé des leviers financiers qui lui auraient été nécessaires pour développer le Mont-Édouard autant qu'elle aurait pu le vouloir.

En fait, la Coop paraissait donc illustrer particulièrement bien ce que l'on pourrait sans doute désigner comme les forces et les faiblesses intrinsèques de toute coopérative : d'une part, comme les membres étaient collectivement et personnellement responsables de l'entreprise, ils avaient un intérêt à ce que celle-ci soit maintenue en santé au niveau financier, et qu'elle ne commence donc pas à glisser vers la faillite comme elle a pu le faire lors des dernières années ; d'autre part, comme le modèle coopératif n'est cependant pas basé sur le profit, les gestionnaires de la coopérative n'avaient pas nécessairement la capacité de faire en sorte que la montagne soit développée plus qu'il ne le fallait...

En combinant donc les avantages respectifs de l'entreprise privée et de la coopérative, tout comme les conclusions de cet article avec celles de l'article précédent, pourquoi ne pas envisager la création d'une nouvelle coopérative, donc les membres pourraient et devraient inclure les principaux entrepreneurs se voyant les plus directement impliqués par le développement de la montagne, et ayant donc intérêt, plus que n'importe qui d'autre, à assurer la survie de cette dernière ?

Et la municipalité, là-dedans ? Autrement dit, comment devrait-on inclure dans tout cela le troisième élément du triangle, voire de la « Sainte-Trinité » dont nous avions parlé plus haut ?

Il faut d'abord avouer, comme je crois l'avoir déjà fait, qu'il paraît y avoir quand même certains avantages notables à ce qu'une station de ski soit détenue par une municipalité. Car en plus de rassurer les banques et les autres entrepreneurs, et de faciliter ainsi le développement de la station, cela permet aussi à la communauté de garder un certain contrôle sur ce qui peut se passer dans l'entreprise qu'elle contribue elle-même à financer au départ. Tout dépend alors de ce qu'on entend par « un certain contrôle », puisqu'à ce niveau comme à bien d'autres, il y a bien sûr toute une marge entre un contrôle plus souple et décentralisé, et un contrôle qui serait plus du type « totalitaire », comme celui qui paraît malheureusement avoir adopté ici lors des dernières années, ce à quoi nous reviendrons d'ailleurs lors d'un prochain article.

Mais dans la mesure où, « dans un monde idéal », la municipalité pouvait se montrer capable de rester dans ses propres « plates bandes », et de réellement remettre la gestion de la station entre les mains de ceux qui sont le plus qualifiés pour s'en occuper, où serait le problème ?

En d'autres termes, qu'est-ce qui empêcherait alors de continuer, comme nous le faisons déjà, à confier à une entreprise quelconque l'administration de la station, sous la forme d'un « contrat de gestion », tandis que celle-ci se devrait alors de rencontrer certains objectifs de base, notamment en ce qui a trait à la rentabilité et la viabilité de la station, du moins si elle tenait à voir son contrat renouvelé ?

Or, cela n'impliquerait-il pas au départ d'être capable de déléguer un peu, et donc de « confier son bébé à un autre », plutôt que de vouloir ne le garder que pour soi ? Cela n'impliquerait pas de s'ouvrir un peu aux autres et à l'extérieur, en offrant donc la gestion de la montagne aux personnes ou à l'entreprise qui serait la mieux qualifiée en ce sens ? Cela n'impliquerait-il pas une gestion transparente, dans la mesure où l'on devrait notamment se montrer capable de procéder à un appel d'offres digne de ce nom ?

Autrement dit, cela ne nécessiterait-il pas, comme pré-requis, un certain ensemble de qualités et de comportements qui représente en fait l'exact opposé de ce qui semble être le portrait de personnalité de notre maire actuel ?

Et en ce sens, si une piste pouvait donc être envisagée à moyen terme pour ce qui est de donner à notre station un second souffre dont elle aurait évidemment bien besoin, le maire actuel serait-il vraiment celui qu'il nous faut pour nous y guider ?

22/05/2013

L'idée du siècle

Ce n'est sûrement plus un secret pour personne : notre montagne n'est guère en très bon état, du moins au niveau financier.

Bien sûr, Claude Boudreault, comme tous semblent maintenant le reconnaître, aura réussi à faire un « grand ménage » que l'on pourrait en fait qualifier de « remède de cheval », et qui se sera d'ailleurs avéré une « pilule » aussi difficile à avaler que nécessaire, mais de son propre aveu, ce sera pourtant loin d'être suffisant, du moins à long terme !

Car comme il est loin d'être le seul à le remarquer, l'équipement du Mont-Édouard, pour ne considérer que cet élément en particulier, est carrément rendu à la fin de sa durée de vie, ne serait-ce que selon l'avis de ses constructeurs. Et malheureusement, un tel constat semble s'appliquer tant aux « dameuses », aux canons à neige et aux motoneiges qu'à des infrastructures aussi fondamentales que les remontées elles-mêmes.

Et à combien pourrait donc s'élever la note, au total, pour un renouvellement complet de l'équipement du Mont-Édouard, puisqu'il semble que l'on difficilement faire autrement que d'en venir, tôt ou tard, à une telle option ?

Je crois qu'en fait, nul ne pourrait le dire avec certitude, et surtout, que personne n'oserait peut-être même l'imaginer...

Bien entendu, pour faire face à cette problématique comme à n'importe quelle autre, deux attitudes sont possibles. La première serait donc de tout simplement « se mettre la tête dans le sable », et se borner à attendre qu'un accident majeur arrive, ou en d'autres termes qu'un élément ou un autre du matériel de la station se mette à cesser de fonctionner alors que la station serait en pleine opération, avec toutes les conséquences plus ou moins catastrophiques que cela pourrait impliquer, de sorte que l'on n'aura alors plus d'autre choix que de commencer à penser à faire quelque chose pour remédier à la situation. Tout ce qu'il resterait alors à faire serait donc d'attendre de voir ce qui e trouvera justement à « lâcher » en premier : sera-ce les dameuses ? Sera-ce plutôt les remontées ? Nul besoin de préciser qu'à part pour les amateurs de roulette russe, un tel jeu risque de ne pas s'avérer des plus amusants...

Notons cependant que cela semble pourtant représenter l'option qui aura été finalement retenue par la présente administration municipale, puisque tous les constats de ce genre, de tout le temps qu'il aura pu s'en voir dresser depuis l'arrivée de Boucher, auront tous finis par être tout bonnement balayés sous le tapis, du moins à en croire les principaux acteurs concernés.

L'autre option, c'est bien évidemment de s'asseoir, et de se demander un peu, une bonne fois pour toutes, comment on pourrait envisager sérieusement et honnêtement l'avenir du Mont-Édouard.

Et plus précisément, il s'agirait bien entendu de se poser les questions suivantes : comment peut-on rendre la montagne non seulement plus rentable, mais viable, voire même financièrement autonome ?

Et si l'on considère les pistes de solution possibles, dont plusieurs ont déjà été étudiées dans ce blogue, et notamment à travers notre dernier article, on se rend compte que si une option revient souvent à ce niveau, ce serait bien celle de vendre la montagne.

Naturellement, une telle « réponse » ne peut en elle-même qu'entraîner une autre question, en l'occurence la suivante : « vendre, mais à qui ? » Et plus précisément, qui pourrait bien vouloir d'une montagne en si mauvais état ?

Et si l'on considère maintenant les pistes de solution possibles en rapport à cette autre problématique, il semble que l'on ne puisse vraiment faire autrement qu'en arriver à reconnaître qu'il se trouve à y avoir un acteur, dans toute l'équation, qui paraît à toute fin pratique incontournable, du moment où l'on veut justement avoir une conversation sérieuse et honnête sur l'avenir du Mont-Édouard... Il s'agit bien entendu de l'entreprise « Au Pied d'Édouard ».

Comme son nom l'indique, Au Pied d'Édouard se trouve évidemment à gérer l'essentiel du parc immobilier situé à la base de la montagne ; le promoteur de l'entreprise, M. Doris Duchesne, est en fait impliqué dans le développement du village alpin depuis les touts débuts de la station ; de plus, le temps aura permis de prendre note d'au moins deux qualités plutôt significatives de M. Duchesne, du moins en ce qui concerne sa façon de travailler, et donc sa façon de prendre en charge le développement immobilier en tant que tel, soit sa « proactivité », de même que sa ténacité. Ajoutons que nous y reviendrons d'ailleurs lors d'une prochaine entrée sur ce blogue.

Et comme nous l'avions d'ailleurs soulevé lors d'articles précédents, l'un des éléments les plus troublants, dans le fonctionnement de la station, est que celle-ci ne dispose pas des leviers qui lui permettraient de générer davantage des revenus dont elle a tant besoin, puisque ces différents leviers sont plutôt détenus par les différents acteurs privés pouvant entourer celle-ci.

En remettant donc la station directement entre les mains d'au moins un de ces acteurs, en l'occurence le plus important d'entre eux, on s'assurerait de bénéficier ainsi de ce qui s'avère sans doute l'avantage le plus fondamental que peut avoir la gestion de toute entreprise privée digne de ce nom, soit que son propriétaire puisse avoir un intérêt direct dans sa rentabilité à court comme à long terme.

De plus, dans le cas où le Mont-Édouard serait donc absorbé par Au Pied d'Édouard, il faut avouer que son nouveau propriétaire disposerait alors des moyens, que ce soit sur les plan financier ou immobilier, pouvant lui permettre de réellement procéder à son développement.

Et puisque les revenus associés à la montagne se trouvent donc à être répartis entre différents acteurs privés, allant de l'école de ski à la boutique Sport Expert, en passant par Traxxion 4, pourquoi ne pas offrir à l'ensemble de ces acteurs la possibilité de se voir impliqués dans la propriété de ce « moteur économique » qui est justement à la base de leur propre gagne-pain ? Car ne faut-il pas à tout le moins reconnaître que s'il y en a qui aurait intérêt à ce que soit garantie la survie de la station, ce serait bien eux ?

Autrement dit, pourquoi ne pas étendre à plus d'une personne la propriété de la montagne ? Pourquoi, en d'autres termes, ne pas créer un consortium qui pourrait notamment inclure la municipalité, et, tant qu'à y être, la MRC ou même le gouvernement provincial ?

Et si notre but est vraiment le meilleur intérêt de la municipalité non pas à court mais à long terme, pourquoi, comme nous le proposions lors de l'entrée précédente, la montagne ne serait-elle pas vendue, que ce soit à un entrepreneur ou à un consortium, pour une somme qui pourrait ne même pas excéder 1 $ ?

D'ailleurs, n'est-ce pas ce qui a pu se faire dans le passé à maintes reprises et souvent avec succès, et notamment dans le cas d'un centre de ski comme le Massif, qui bien sûr n'a pourtant rien à envier au Mont-Édouard en terme de taille et d'achalandage ?

Mais surtout, peut-on enfin convenir, par pitié, que la « politique de l'autruche » commence à avoir assez duré ?

19/04/2013

À chacun son métier (prise II)...

Un citoyen de l'Anse exprimait récemment une idée qui nous a paru aussi simple que géniale, et que nous avons donc décidé de vous partager, avec son accord. Celle-ci pourrait donc se voir essentiellement résumée à travers le questionnement suivant : « Pourquoi ne pas tout simplement vendre la montagne pour 1 $, tout en demandant à l'acheteur de présenter un plan d'investissement d'environ 10 millions de dollars ? »

Et comme le citoyen en question a d'ailleurs pris soin de le préciser, d'autres clauses du contrat d'une telle vente pourraient fort bien stipuler que la station devrait toujours continuer d'être opérée en tant que centre de ski, ce qui empêcherait notamment un éventuel démantèlement des remontées...

Le même citoyen proposait par ailleurs d'adopter une stratégie similaire vis-à-vis du camping municipal. Car pour reprendre son raisonnement, « Pourquoi une municipalité devrait-elle être « pognée » pour gérer un camping et un centre de ski ? »

Et ne faut-il pas avouer au départ qu'un entrepreneur privé risquerait de témoigner beaucoup moins d'indulgence qu'une municipalité envers un terrain de camping en manque chronique de rafraîchissement, de même qu'envers des remontées mécaniques, des dameuses et des fusils à neige datant d'une autre époque, ou envers un chalet dans lequel on pourrait déjà voir la pluie tomber ?

Ne pourrait-on pas d'ailleurs voir là un exemple parfait de ce bon vieil adage, auquel nous avons déjà fait référence à travers ce blogue : « Chacun son métier, les vaches seront bien gardées » ?...

31/03/2013

Comment tuer la poule aux œufs d'or

S'il est un refrain que l'on entend réciter de plus en plus souvent, et de plus en plus fort à l'Anse-Saint-Jean, c'est bien le suivant : « les taxes sont trop chères ! »... Il faut avouer que du moment où l'on considère que l'on paye plus cher, et parfois même presque deux fois plus cher de taxes à l'Anse-Saint-Jean « qu'en ville », notamment si l'on se compare à une ville qui, comme Chicoutimi, s'avère pourtant plusieurs fois plus grande, et ce tant en superficie qu'en population, il y a quand même lieu de se dire qu'il doit bien y avoir un problème à quelque part...

Et quand, en plus de cela, on prend en compte le peu de services dont bénéficient plusieurs résidents de l'Anse-Saint-Jean, qui souvent n'ont droit qu'une semaine sur deux à la collecte des déchets, quand ils y ont droit tout court, tandis que plusieurs d'entre eux n'ont ne bénéficient ni d'un accès à l'eau ni de la jonction à un système d'égout, pendant que d'autres demeurent dans des rues bien habitées mais presque pas éclairées, sans parler du peu d'attention qui, de façon générale, semble mis sur l'entretien et le déblayage des chemins et de la chaussée, il y a peut-être même lieu de se demander s'il n'y a pas quelqu'un, ou en fait plusieurs citoyens qui seraient carrément en train de se faire niaiser....

D'ailleurs, la farce se révélerait d'une manière encore plus manifeste dans le cas de certains résidents, notamment au Mont-Édouard et à Périgny, dont le taux de taxation semble avoir été calculé de façon à s'avérer inversement proportionnel à la quantité et à la qualité des services qui peuvent leur être prodigués !

Ainsi, on pourrait facilement en venir à croire qu'il doit bien y en avoir un, ou quelques un, à la municipalité, qui soient en train de « rire dans leur barbe » en songeant au « bon coup » qu'ils se trouvent à jouer à leurs concitoyens...

Le seul problème, c'est que tous ne trouvent plus la blague aussi drôle, tandis que certains commencent à ne plus rire du tout...

En fait, certains se sont même déjà mis à « voter avec leurs pieds », et l'on ne compte ainsi plus les histoires de maisons vendues ou mises en vente pour des questions de taxation, tout comme les histoires de gens qui ne demandaient qu'à venir s'installer à l'Anse-Saint-Jean, et qui s'étaient même rendues assez loin dans leur démarche à cet effet, pour ensuite tout arrêter et rebrousser chemin aussitôt qu'ils ont su à combien pouvaient s'élever les taxes dans ce petit village qui jusque là semblait pourtant si parfait à tous les égards...

Se pourrait-il donc que cela puisse au moins contribuer à expliquer le fait que la vente de terrain aux Mont-Édouard, tout comme développement économique du village dans son ensemble, paraît avoir récemment atteint une sorte de plateau, ou en d'autres termes s'être mis à « staller », sinon à pratiquement décliner ?

Et quand on considère le fait qu'il devient même de plus en plus fréquent d'entendre ronchonner les « authentiques gens du village », toujours en ce qui a trait aux taxes municipales, ne pourrait-on pas commencer à se dire que la problème serait peut-être même plus sérieux qu'on semble l'avoir cru jusqu'ici, du moins à la municipalité ?

Et après tout, comment pourrait-on donc blâmer les villageois de se poser des questions, quand ceux-ci réalisent que le montant de taxation, lors des trente dernières années, aura pratiquement quintuplé, et ce même pour des maisons de taille modeste, toutes payées, et situées en plein cœur du village ?

D'un autre côté, il est peut-être tout aussi aisé de comprendre le maire Boucher : ce « pauvre petit », il se trouve à avoir non seulement dépensé déjà tout l'argent qui avait pu être mis de côté par les maires et mairesses précédents, mais à avoir gaspillé aussi tout l'argent que la municipalité pouvait possiblement emprunter, du moins jusqu'ici... Alors quelle autre option lui restait-il donc, après avoir aussi vaillamment dilapidé le bien public, que de demander aux citoyens de payer la note, et donc de porter sur eux-mêmes le fardeau de la gigantesque dette qu'il aura réussi à créer à lui tout seul, et ce en seulement quelques années ?

Autrement dit, après avoir dépensé tout ce qu'il pouvait y avoir dans le « coffre fort » public, quelle option pouvait-il donc rester à Boucher pour en puiser encore davantage, ne serait-ce que pour payer les intérêts de la dette qu'il a généré, si ce n'est d'aller chercher ce « petit extra » directement dans les poches des contribuables ?

Habile stratégie, pourrait-on être porté à conclure, n'est-ce pas ?

Sans doute... Si l'on est capable de ne considérer que le très court terme, et donc de tout simplement faire abstraction du long ou même du moyen terme, évidemment !

Car à quoi bon retirer toujours davantage des chaumières du village, si le nombre de celles-ci se met à augmenter moins rapidement, sinon à pratiquement stagner, de sorte que chaque citoyen se retrouve à devoir porter une portion de dette toujours plus grande sur ses propres épaules ? Et que dire du fait que, si de plus en plus de citoyens, à force d'en avoir assez, décident de prendre leurs cliques et leur claques, ce processus se verra encore renforcé, de sorte que l'on se retrouvera ainsi empêtré dans rien de moins qu'un cercle vicieux de dépeuplement ? Serions-nous alors vraiment plus avancés ?

Nous savons tous que les intentions du maire Boucher, au départ, étaient saines, et que son calcul n'était pas sans fondement : il s'agissait, en gros, de tout faire pour inciter un maximum de nouveaux résidents à venir s'installer à l'Anse-Saint-Jean, ne serait-ce que pour augmenter ainsi le nombre de payeurs de taxe... À cette fin, le maire aura surtout veillé à « développer le village », en se lançant notamment dans une multitude de projets visant à donner l'impression « qu'il se passe quelque chose ici », ou même que « c'est ici que ça se passe », en se disant, non sans raison, que c'est encore la meilleure façon de faire venir du monde...

Mais si, à force de justement s'investir, et d'investir notre argent dans des aventures aussi nombreuses que coûteuses, le maire avait surtout réussi finalement à endetter le village à un point tel qu'il n'a ensuite pas eu le choix de faire monter le coût des taxes à un niveau prohibitif, de telle sorte que l'on en vienne ainsi à faire fuir au moins autant de gens, sinon plus qu'on peut en faire venir, ne faudrait-il pas alors en conclure qu'il aurait pratiquement réussi à tuer la poule aux oeufs d'or ?

30/09/2012

Nouvelle option municipale recherchée !...

Les élections fédérales et provinciales étant maintenant choses du passé, pourquoi ne pas maintenant porter notre attention sur les futures élections municipales de novembre 2013, d'autant plus que ce sont surtout par ces dernières que l'on devrait se sentir concernés, du moins en tant qu'Anjeannois ?

Et surtout, pourquoi ne pas commencer à se poser tout de suite la question fondamentale impliquée par toute élection, soit bien sûr la suivante : « alors que voulons-nous, au juste ? »

Voulons-nous donc d'un troisième mandat du maire Boucher, que ce mandat soit exercé par ce dernier ou par un « dauphin » qu'il pourrait éventuellement désigner ? En d'autres termes, souhaitons -nous réellement contribuer à l'avènement de ce qui s'avèrerait donc rien de moins qu'une authentique « dynastie Boucher » ?...

Mais au fait, y a-t-il seulement une autre option ?

Existe-t-il donc, quelque part, une quelconque forme d'option politique qui puisse représenter une alternative potentielle à un règne supplémentaire de celui qui semblerait donc en voie de devenir le nouveau roi de l'Anse, en l'occurence son altesse Claude Ier ?

Et s'il existe donc une telle option, ne commencera-t-il pas à être utile pour la population de pouvoir en prendre connaissance ?

Car si c'est une chose de rendre publique une proposition ou une candidature, n'en est-ce pas une autre de veiller à ce que la population puisse en être bien informée, et surtout à ce qu'elle devienne assez favorable à celles-ci pour aller jusqu'à élire la ou les personnes concernées ?

Alors si vous connaissez une option qui puisse entraîner un renouveau politique à l'Anse-St-Jean, ou une personne pouvant incarner un tel renouveau en se présentant comme candidat au poste de conseiller municipal ou de maire, n'hésitez surtout pas à le faire savoir, ne serait-ce qu'en répondant à cet article !

Et au départ, pourquoi ne pas d'abord se poser à soi-même les questions suivantes :
  1. Suis-je oui ou non satisfait de l'administration municipale actuelle ?
  2. À quel genre d'équipe voudrais-je confier la gestion de ma municipalité, et donc de mes propres taxes ?
  3. Que puis-je faire moi-même pour favoriser l'apparition d'une telle équipe ? Et finalement...
  4. Suis-je prêt, pour ce faire, à aller jusqu'à offrir ma propre candidature en tant que conseiller ou en tant que maire ?
Car si c'est une chose que se déclarer insatisfait, n'en est-ce pas une autre de passer à l'action, dans le but de remédier à ce qui peut justement nous causer de l'insatisfaction ?

Autrement dit, si nous prétendons souhaiter réellement voir apparaître un changement au niveau de la politique municipale actuelle, pourquoi ne pas simplement passer de la parole aux actes ?